L'essentiel
- Après un AVC, la prise en charge commence en unité aiguë, une unité neurovasculaire (stroke unit) dans 79 hôpitaux sur 96. La revalidation peut ensuite se poursuivre en service Sp neurologique ou dans un centre de revalidation.
- Selon l'audit de l'INAMI, parmi les patients hospitalisés pour un AVC ischémique en 2021-2022, 67 % sont retournés à domicile et 12 % sont allés en maison de repos.
- Vous pouvez demander une réunion avec l'équipe avant la sortie : l'audit recommande de préparer la sortie avec les proches.
- À la maison, la kinésithérapie pour des séquelles comme l'hémiplégie peut relever de la liste E, qui offre un remboursement plus élevé : le kinésithérapeute le confirmera.
- Si le retour n'est pas possible tout de suite, un court séjour ou une maison de repos peut prendre le relais. La décision se prend avec l'équipe.
Sommaire de la page
- Comment se passe la sortie d'hôpital après un AVC ?
- Quelles sont les phases de récupération après un AVC ?
- Où vont les patients à la sortie de l'hôpital ?
- Peut-on demander une réunion avec l'équipe avant la sortie ?
- Quelles questions poser à l'équipe avant la sortie ?
- Comment se passe le retour à la maison après un AVC ?
- Quand une maison de repos ou un court séjour devient-il la suite ?
- Quelles aides peuvent soulager la famille ?
- Questions fréquentes
Comment se passe la sortie d'hôpital après un AVC ?
La sortie d'hôpital après un AVC dépend de l'état de votre proche et de ce que l'équipe observe au fil des semaines. Elle conduit au domicile avec des aides, vers une revalidation, ou vers un court séjour ou une maison de repos. Le médecin décide de la suite médicale ; la famille prépare le reste avec le service social de l'hôpital.
Un AVC est d'abord pris en charge en phase aiguë, dans une unité neurovasculaire (stroke unit) quand l'hôpital en dispose. En Belgique, on compte environ 25 000 AVC par an, et 79 hôpitaux sur 96 disposent d'une telle unité, d'après un audit de l'INAMI (Institut national d'assurance maladie-invalidité) et du SPF Santé publique publié le 4 mars 2026. La revalidation commence déjà dans cette unité. Elle se poursuit ensuite, si l'équipe le juge utile, dans un lit Sp neurologique (Sp désigne les services d'affections chroniques, qui comptent les lits de revalidation) ou dans un centre de revalidation. Le coût et la demande sont expliqués sur la page revalidation après hospitalisation.
Quelles sont les phases de récupération après un AVC ?
L'audit de l'INAMI distingue quatre phases. Elles servent de repères aux équipes soignantes. Elles ne constituent pas un calendrier garanti pour chaque patient.
| Phase | Période |
|---|---|
| Aiguë | Du jour 1 au jour 7 |
| Subaiguë précoce | Du jour 7 au 3e mois |
| Subaiguë tardive | Du 3e au 6e mois |
| Chronique | À partir du 6e mois |
Des réévaluations sont recommandées à 1 semaine, 4 semaines, 3 mois et 6 mois. Pour la thérapie intensive, la recommandation est d'environ 5 jours par semaine, à raison de 3 heures par jour. Pour votre proche, seule l'équipe peut préciser : demandez la date de la prochaine réévaluation.
Où vont les patients à la sortie de l'hôpital ?
L'audit a relevé la destination des patients hospitalisés pour un AVC ischémique en 2021-2022. Au moment de la sortie, 67 % sont retournés à domicile, 12 % sont allés en maison de repos et 9 % ont été transférés vers un autre établissement.
Ces chiffres décrivent un ensemble de patients, pas votre proche. Le domicile est la destination la plus fréquente, mais mieux vaut envisager plus d'une option dès la première semaine.
Peut-on demander une réunion avec l'équipe avant la sortie ?
Oui. Selon l'audit, 38 hôpitaux sur 96 organisent une réunion de famille avant la sortie pour tous les patients, et le document recommande de préparer la sortie avec les proches. Si l'hôpital de votre proche n'en fait pas systématiquement, demandez-en une au médecin ou à l'infirmier en chef, si possible en présence de l'assistant social et du kinésithérapeute.
Le patient, sa famille ou l'équipe peuvent solliciter le service social de l'hôpital, et il aide à organiser l'aide familiale, le prêt de matériel, la revalidation, la convalescence ou la maison de repos. Contactez-le dès le début du séjour, car certaines démarches sont longues. La loi sur les droits du patient ne règle pas la sortie d'hôpital : en cas de désaccord, le recours est d'abord le dialogue avec le médecin et le service social, puis le médiateur de l'hôpital.
Quelles questions poser à l'équipe avant la sortie ?
- Quelle suite est envisagée : revalidation en service Sp neurologique ou en centre, retour à domicile, court séjour ? La demande est-elle déjà envoyée ?
- Existe-t-il une liste d'attente, et que prévoit l'hôpital si aucune place n'est libre à la date de sortie ?
- Quelle est la date de sortie prévue, et qui prévient la famille si elle change ?
- Quand a lieu la prochaine réévaluation, et que doit-elle décider ?
- Quels soins faudra-t-il à la maison : infirmier, kinésithérapie, aide pour la toilette, matériel ?
- Quelles prescriptions seront remises à la sortie ?
- Qui assure le suivi ensuite : le médecin traitant, une consultation à l'hôpital ?
- Quel sera le coût pour la famille ?
Comment se passe le retour à la maison après un AVC ?
Le retour à domicile suppose que les soins et les aides soient en place le jour de la sortie. La page retour à domicile détaille ces démarches. Voici les points propres à l'AVC.
La kinésithérapie
La liste E des pathologies lourdes de l'INAMI comprend notamment les séquelles motrices d'origine cérébrale, comme l'hémiplégie, fréquente après un AVC. Elle offre un remboursement plus élevé que la pathologie courante. Le kinésithérapeute vous confirmera si la situation de votre proche y entre. Il peut se rendre à domicile ; il décide de la fréquence des séances et du lieu, sauf indication contraire du prescripteur.
Les soins infirmiers
Pour la toilette, l'habillage ou les déplacements, un infirmier peut passer à domicile. Le niveau d'intervention dépend de l'échelle de Katz, qui évalue six domaines (se laver, s'habiller, transfert et déplacements, aller à la toilette, continence, manger) et détermine les forfaits A, B et C. Les soins qui exigent une prescription ne sont remboursés que s'ils sont prescrits par le médecin qui traite le patient. Un ticket modérateur reste à charge, sauf pour un patient inscrit au forfait dans une maison médicale. Le médecin traitant, la mutualité ou le service social de l'hôpital peuvent vous indiquer un infirmier.
Les aménagements
Un lit médicalisé, un siège de douche, un déambulateur ou un réhausseur de toilette peuvent être utiles selon les séquelles. Certaines mutualités les prêtent ou les louent, par exemple Solidaris Brabant ou Partenamut : voyez la page matériel et lit médicalisé. En Wallonie, l'AViQ conseille de se renseigner aussi auprès de la commune ou du CPAS pour la télévigilance, car ils peuvent avoir une convention avec un opérateur à moindre coût.
Quand une maison de repos ou un court séjour devient-il la suite ?
Quand le retour n'est pas possible à la date de sortie, un court séjour en maison de repos peut faire le lien. En Wallonie, il peut durer jusqu'à 3 mois ou 90 jours cumulés par année civile, pour les personnes de 60 ans ou plus, et vise le retour à domicile. On s'adresse directement à l'établissement. La Flandre fonctionne différemment (le kortverblijf y est réservé aux 65 ans et plus). La page court séjour en maison de repos détaille les conditions.
Si le retour à domicile ne s'envisage plus, l'entrée en maison de repos se prépare avec la famille. Il n'existe pas de procédure officielle d'admission urgente ni de liste d'attente centralisée : on contacte directement les établissements, et les délais varient selon les places. La page il ne peut plus vivre seul aide à aborder ce choix en famille. Senior Sérénité cherche un court séjour ou une maison de repos avec vous, gratuitement et sans engagement.
Quelles aides peuvent soulager la famille ?
En Wallonie, les services d'aide aux familles et aux aînés (SAFA) emploient des aides familiales, des aides seniors et des gardes à domicile. La participation dépend des revenus et de la situation familiale, et un assistant social évalue d'abord les besoins à domicile. Le CPAS peut aussi proposer cette aide.
Les titres-services wallons couvrent le nettoyage, la lessive, le repassage, la préparation de repas, les courses ménagères et le transport de personnes à mobilité réduite. Ils excluent les soins, la toilette et la garde de personnes âgées ou malades. Les allocations et les interventions des mutualités sont réunies sur la page coûts et aides.
Questions fréquentes
Quelle différence entre l'unité neurovasculaire et un service Sp ?
L'unité neurovasculaire prend en charge l'AVC dès son début, avec une revalidation qui y commence déjà. Un lit Sp neurologique accueille ensuite, si nécessaire, les patients qui ont besoin d'une rééducation plus longue. Demandez à l'équipe lequel des deux est prévu pour votre proche.
Qui décide à la place de mon proche s'il ne peut plus exprimer sa volonté ?
Pour les décisions de soins, la loi prévoit un ordre : le représentant désigné par un mandat écrit, daté et signé par le patient et le représentant, puis l'administrateur de la personne désigné par le juge de paix, puis l'époux cohabitant ou le partenaire cohabitant (légal ou de fait), puis successivement un enfant majeur, un parent, un frère ou une sœur majeur(e), et enfin le praticien professionnel. La personne de confiance assiste le patient mais n'est pas son représentant. La signature d'une convention de maison de repos relève d'autres règles : renseignez-vous auprès du service social.
Mon proche peut-il entrer en maison de repos directement depuis l'hôpital ?
Oui, c'est possible, mais il n'existe pas de procédure officielle d'admission urgente. On contacte directement les établissements. En Wallonie, le dossier comprend un dossier médical établi par le médecin traitant, et le projet de convention ainsi que le règlement d'ordre intérieur doivent être remis avant la signature.
La kinésithérapie à domicile est-elle remboursée ?
Oui, la kinésithérapie peut se faire au domicile, légal ou provisoire. Pour les séquelles motrices d'origine cérébrale comme l'hémiplégie, elle peut relever de la liste E, avec un remboursement plus élevé que la pathologie courante. Le kinésithérapeute ou le médecin confirmera le classement.
Les soins infirmiers à domicile sont-ils gratuits ?
Non, un ticket modérateur existe pour un assuré ordinaire, nettement réduit pour un bénéficiaire de l'intervention majorée (BIM). Il n'y en a pas pour un patient inscrit au forfait dans une maison médicale. Avec le tiers payant, on paie seulement le ticket modérateur et le matériel.
Sources
- INAMI : Time is brain, quelle prise en charge pour l'AVC en Belgique
- INAMI : la revalidation
- INAMI : le suivi après l'AVC
- INAMI : pathologies lourdes et remboursement de la kinésithérapie (liste E)
- INAMI : nomenclature, article 7 (kinésithérapie)
- INAMI : échelle d'évaluation de Katz
- INAMI : nomenclature, article 8 (soins infirmiers)
- INAMI : tarif des infirmiers
- CHU UCLouvain Namur : le service social
- Moniteur belge : loi du 22 août 2002 relative aux droits du patient
- Wallonie.be : bénéficier d'un court séjour en maison de repos et de soins
- Wallonie.be : résider dans une maison de repos et de soins
- Departement Zorg : centra voor kortverblijf type 1
- Wallonie.be : service d'aide aux familles et aux aînés (SAFA)
- Titres-services Wallonie : les activités
- AViQ : télévigilance
- Wallex : annexe 120 du Code réglementaire wallon de l'action sociale et de la santé
- Plateforme HIS : le représentant du patient

