Fracture du col du fémur d'une personne âgée : de l'opération à la maison

Votre proche s'est fracturé le col du fémur et la sortie d'hôpital approche. Cette page explique ce qui se passe après l'opération, les solutions de suite et les démarches, sans remplacer l'avis de l'équipe soignante.

Mis à jour le . Rédigé par l'équipe éditoriale de Senior Sérénité à partir de sources officielles belges et des publications citées en bas de page. Notre démarche.

Pieds d'une personne âgée en chaussons antidérapants avançant entre les roues d'un déambulateur dans un couloir lumineux

L'essentiel

  • Dans l'audit de l'INAMI sur la prothèse de hanche, 90,6 % des patients opérés pour une fracture le sont dans les 2 jours. Une admission en fin de semaine peut allonger le délai.
  • La suite dépend de l'état de votre proche : revalidation en service Sp locomoteur, convalescence, court séjour en maison de repos ou retour à domicile avec des aides.
  • La collaboration avec les gériatres varie selon les hôpitaux : demandez si un gériatre suit votre proche.
  • La kiné après la sortie peut relever de la liste Fa selon l'intervention. Le kinésithérapeute le confirmera ; sinon, la pathologie courante s'applique.
  • Préparez la maison avant le retour : matériel, circulation dégagée, aides. Si le retour seul n'est plus possible, d'autres solutions existent.
Sommaire de la page
  1. Que se passe-t-il à l'hôpital en cas de fracture du col du fémur chez une personne âgée ?
  2. Que se passe-t-il après l'opération ?
  3. Comment se passe la kiné après la sortie ?
  4. Comment préparer la maison et éviter une nouvelle chute ?
  5. Que faire quand le retour seul n'est plus possible ?
  6. Quelles questions poser à l'équipe ?
  7. Questions fréquentes

Que se passe-t-il à l'hôpital en cas de fracture du col du fémur chez une personne âgée ?

Une fracture du col du fémur chez une personne âgée est le plus souvent traitée par une opération rapide, suivie d'une revalidation ou d'une convalescence, puis d'un retour à domicile ou d'une entrée en maison de repos selon l'état. Les décisions médicales appartiennent à l'équipe soignante. La famille, elle, peut préparer la suite dès les premiers jours.

D'après l'audit de l'INAMI (Institut national d'assurance maladie-invalidité) sur la prothèse de hanche, environ un quart des prothèses de hanche posées concernent une fracture. Pour ces patients, 90,6 % sont opérés dans les 2 jours. Une admission en fin de semaine peut allonger le délai. L'audit décrit ces patients âgés comme des patients à risque élevé : demandez à l'équipe comment elle organise la suite.

La collaboration avec les gériatres, médecins spécialisés dans la santé des personnes âgées, est variable. Pour les fractures, 35,7 % des hôpitaux utilisent un lit G (service de gériatrie), et 47,9 % ne font appel au gériatre que rarement ou jamais. D'où une question simple à poser : un gériatre suit-il mon proche, et participera-t-il à la préparation de la sortie ?

Que se passe-t-il après l'opération ?

Plusieurs suites existent. Le choix dépend de l'état de votre proche, de la maison dans laquelle il vit et de l'aide disponible.

La revalidation est une rééducation intensive menée par une équipe pluridisciplinaire. Pour l'appareil locomoteur (os, articulations, marche), elle se fait dans un service Sp locomoteur. À titre d'exemple, celui de l'hôpital HELORA accueille des patients qui ont terminé la phase aiguë. Demandez à l'équipe qui envoie la demande ; une liste d'attente est possible.

La convalescence a lieu dans un centre reconnu par l'INAMI, après une hospitalisation. Le patient doit être adulte et se trouver dans l'une des situations prévues par l'INAMI, dont une intervention chirurgicale avec hospitalisation, ce qui est le cas après l'opération. Un médecin extérieur au centre l'oriente, pendant ou juste après l'hospitalisation, pour 90 jours par année civile au maximum. Aucune quote-part personnelle n'est due pour l'intervention couverte par l'INAMI ; les frais de séjour, les repas et les boissons restent à charge du patient. En Wallonie, deux centres sont inscrits sur la liste de juillet 2026 : La Maison de Mariemont (Morlanwelz) et Séjours & Santé Spa Nivezé (Spa). Il n'y en a aucun à Bruxelles.

Le court séjour en maison de repos convient quand le retour à domicile n'est pas encore sûr. En Wallonie, il peut durer jusqu'à 3 mois ou 90 jours cumulés par année civile, pour les personnes de 60 ans ou plus. En Flandre, les règles diffèrent (le kortverblijf y est réservé aux 65 ans et plus).

Comment se passe la kiné après la sortie ?

La kinésithérapie peut se faire à domicile. Le kinésithérapeute décide de la fréquence des séances et du lieu, sauf indication contraire du prescripteur.

Selon l'intervention, la fracture ou l'opération peut relever de la liste Fa de l'INAMI, qui concerne les pathologies aiguës : jusqu'à 60 séances au meilleur remboursement sur une période d'un an à partir de la première séance, avec un remboursement réduit au-delà. Le kinésithérapeute ou le médecin vous dira si c'est le cas pour votre proche. Sinon, la pathologie courante s'applique : au maximum 18 séances remboursées par année civile et par situation pathologique (9 puis 9).

Comment préparer la maison et éviter une nouvelle chute ?

Quelques gestes de bon sens facilitent le retour. Avant la sortie, faites le tour du logement avec les yeux de quelqu'un qui marche lentement, avec un déambulateur peut-être.

  • Dégager les passages : retirer les tapis, les fils électriques, les petits meubles.
  • Éclairer le trajet entre la chambre et les toilettes, y compris la nuit.
  • Prévoir un siège de douche, un réhausseur de toilette ou des barres d'appui, selon les besoins.
  • Installer le lit à une hauteur qui permet de s'asseoir et de se lever sans effort ; un lit médicalisé peut aider.
  • Choisir des chaussures fermées et antidérapantes, y compris à l'intérieur.

Certaines mutualités prêtent ou louent du matériel, par exemple le Medishop de Solidaris Brabant : lit médicalisé, déambulateur, siège de douche, réhausseur de toilette. Un guide de mutualité cite aussi un ergothérapeute à domicile, gratuit, pour l'aménagement du logement. Les détails sont sur la page matériel et lit médicalisé. L'ergothérapeute ou le kinésithérapeute de l'hôpital peuvent indiquer ce qui convient à votre proche. La télévigilance (un bouton d'appel relié à un opérateur) mérite aussi d'être envisagée : l'AViQ conseille de se renseigner d'abord auprès de la commune ou du CPAS en Wallonie.

La page retour à domicile détaille les soins infirmiers, l'aide familiale et les repas.

Que faire quand le retour seul n'est plus possible ?

Après l'hospitalisation, certaines personnes perdent de l'autonomie, même quand l'opération s'est bien passée : l'alitement, l'absence d'activité ou certains médicaments peuvent y contribuer, d'après une étude internationale (Covinsky et al., JAMA 2011). Si votre proche paraît moins autonome qu'auparavant, parlez-en à son médecin traitant.

Quand le retour seul n'est plus envisageable, le court séjour permet de gagner du temps, et l'entrée en maison de repos se prépare ensuite avec la famille. Il n'existe pas de procédure officielle d'admission urgente ni de liste d'attente centralisée en Wallonie ou à Bruxelles : on contacte directement les établissements, et les délais varient selon les places. La page il ne peut plus vivre seul aide à aborder le sujet en famille. Senior Sérénité cherche un court séjour ou une maison de repos avec vous, gratuitement et sans engagement.

Quelles questions poser à l'équipe ?

  • Quand l'opération a-t-elle lieu, et un délai est-il lié au week-end ?
  • Un gériatre suit-il mon proche ?
  • Quelle suite est envisagée : service Sp locomoteur, convalescence, court séjour ou domicile ?
  • La demande est-elle partie, et y a-t-il une liste d'attente ?
  • La kiné relève-t-elle de la liste Fa, et combien de séances sont prévues ?
  • Quel matériel faut-il à la maison, et qui peut l'installer ?
  • Quelle est la date de sortie, et que se passe-t-il si aucune place n'est libre ce jour-là ?

Questions fréquentes

Quelle différence avec une prothèse de hanche programmée ?

Une prothèse programmée est planifiée à l'avance, donc préparable : la page sur la prothèse de hanche ou de genou en parle. Une fracture survient sans préavis : la famille prépare la suite pendant l'hospitalisation, avec le service social de l'hôpital.

Qui paie la convalescence ou la revalidation ?

Pour une convalescence en centre reconnu par l'INAMI, il n'y a pas de quote-part pour la partie couverte, mais les frais de séjour, les repas et les boissons sont à charge du patient. Pour la revalidation à l'hôpital, le séjour est facturé comme une hospitalisation : la page revalidation donne les montants.

Mon proche peut-il aller directement en maison de repos ?

C'est possible, mais il n'existe pas de procédure officielle d'admission urgente. On contacte directement les établissements. Un court séjour peut laisser le temps de décider, avec l'équipe, de ce qui convient.

Combien de séances de kiné sont remboursées ?

En pathologie courante, jusqu'à 18 séances par année civile et par situation pathologique. La liste Fa autorise jusqu'à 60 séances au meilleur remboursement sur un an. Le kinésithérapeute confirme dans quelle liste se range la situation de votre proche.

Mon proche peut-il rester à l'hôpital jusqu'à ce que tout soit prêt ?

La loi sur les droits du patient ne règle pas la sortie. En cas de difficulté, discutez avec le médecin et le service social, puis, si besoin, avec le médiateur de l'hôpital.

Sources

Un conseiller vous aide à trouver une place

Court séjour ou maison de repos : décrivez la situation de votre proche, un conseiller de Senior Sérénité vous rappelle et vous aide à trouver une place disponible.

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  • Partout en Belgique
Ce service est assuré par Senior Sérénité. Il ne remplace pas l'avis du médecin ni du service social de l'hôpital.
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