L'essentiel
- Le retour à domicile se prépare avant la sortie avec le service social de l'hôpital et le médecin traitant.
- Les soins infirmiers et la kinésithérapie qui exigent une prescription ne sont remboursés que s'ils sont prescrits par le médecin qui traite votre proche. Pour une pathologie courante, le kiné est remboursé pour 18 séances au maximum par année civile et par situation.
- L'aide familiale, les repas et la télévigilance passent par des services différents : SAFA, CPAS, mutualité. Les titres-services ne couvrent ni les soins ni la garde.
- Si le retour ne tient pas, un court séjour en maison de repos laisse du temps pour décider de la suite.
Sommaire de la page
- Qu'est-ce qui rend un retour à domicile possible après l'hôpital ?
- Comment obtenir une infirmière à domicile, et à quel prix ?
- Combien de séances de kiné à domicile sont remboursées ?
- Quelle aide familiale ou aide aux aînés peut-on demander ?
- Que couvrent les titres-services, et que ne couvrent-ils pas ?
- Que prévoir pour les repas et la télévigilance ?
- Un centre de soins de jour peut-il servir de relais ?
- Peut-on poursuivre certains traitements de l'hôpital à la maison ?
- Qui contacter pour chaque besoin ?
- Quels signes montrent que le retour à domicile ne tient pas ?
- Questions fréquentes
Qu'est-ce qui rend un retour à domicile possible après l'hôpital ?
Un retour à domicile après hospitalisation est possible quand les soins, l'aide pour les gestes du quotidien et le matériel sont en place le jour de la sortie. Cela s'organise avec le service social de l'hôpital et le médecin traitant, dès que la sortie est évoquée.
Le service social de l'hôpital est accessible à la demande du patient, de sa famille ou de l'équipe soignante. Il aide à organiser l'aide familiale, l'aide ménagère, le prêt de matériel, la convalescence, la revalidation, la maison de repos et le transport. Il faut le contacter dès le début du séjour. La page sur la préparation de la sortie d'hôpital liste les questions à poser à l'équipe.
Les soins qui exigent une prescription ne sont remboursés que s'ils sont prescrits par le médecin qui traite le patient. Demandez à l'équipe de l'hôpital ce qui peut être prescrit avant la sortie, et prévenez le médecin traitant de la date de retour.
Même quand la maladie est soignée, une hospitalisation peut faire perdre de l'autonomie à une personne âgée : l'alitement, une sonde urinaire, le jeûne ou certains médicaments y contribuent, comme le décrit une étude publiée dans la revue JAMA en 2011. Votre proche peut donc rentrer moins autonome qu'à son arrivée.
Comment obtenir une infirmière à domicile, et à quel prix ?
Une infirmière à domicile (ou un infirmier) peut passer chez votre proche. Les soins qui exigent une prescription doivent être prescrits par le médecin qui traite le patient ; la prescription mentionne la nature, le nombre et la fréquence des soins. Pour en trouver un, partez du médecin traitant, de la mutualité, du service social de l'hôpital ou des services de soins à domicile de la région.
L'échelle de Katz et les forfaits A, B et C
Pour les personnes dépendantes, les soins infirmiers à domicile relèvent de forfaits notés A, B ou C. Ils dépendent de l'échelle de Katz, une grille de l'INAMI (Institut national d'assurance maladie-invalidité) qui évalue six domaines : se laver, s'habiller, se transférer et se déplacer, aller à la toilette, la continence et manger. Chaque domaine est noté sur 4. Demandez les montants à l'infirmier ou à la mutualité.
Ticket modérateur, BIM et maison médicale
Les soins infirmiers à domicile ne sont pas gratuits : il existe un ticket modérateur, c'est-à-dire la part que le patient règle lui-même. Il est nettement réduit pour un BIM, bénéficiaire de l'intervention majorée, un statut accordé automatiquement dans certaines situations et sinon selon les revenus. Un patient inscrit au forfait dans une maison médicale ne paie pas de ticket modérateur.
Pour les malades chroniques, une intervention forfaitaire existe, notamment pour les patients qui ont un accord de soins infirmiers d'au moins 3 mois en forfait B ou C. La mutualité l'accorde en principe automatiquement.
Combien de séances de kiné à domicile sont remboursées ?
Un kiné à domicile peut intervenir au domicile légal du patient ou dans sa résidence provisoire, c'est-à-dire l'endroit où il séjourne temporairement. Le kinésithérapeute décide de la fréquence des séances et du lieu, sauf indication contraire du médecin qui prescrit.
Pour une pathologie dite courante, l'INAMI rembourse au maximum 18 séances par année civile et par situation pathologique, depuis le 1er juillet 2025. Certaines situations sortent de ce cadre et relèvent de listes particulières :
- la liste Fa couvre des pathologies aiguës. Elle donne jusqu'à 60 séances au meilleur remboursement, sur une période d'un an à partir de la première séance ; au-delà, le remboursement est réduit. Elle comprend notamment certaines affections post-opératoires après une chirurgie orthopédique d'une certaine importance, certaines fractures (bassin, vertèbres, fractures dans l'articulation immobilisées au moins 3 semaines) et la luxation de la hanche ou de la prothèse de hanche ;
- la liste Fb concerne les pathologies chroniques : 60 séances par année civile au meilleur tarif ;
- la liste E regroupe les pathologies lourdes, comme les séquelles motrices d'origine cérébrale, dont l'hémiplégie, cas fréquent après un AVC. Le remboursement y est plus élevé.
Une prothèse de hanche ou de genou, ou une fracture du col du fémur, peut relever de la liste Fa selon l'intervention. Seul le kinésithérapeute ou le médecin peut confirmer dans quelle liste se trouve votre proche : posez la question dès la première séance.
Quelle aide familiale ou aide aux aînés peut-on demander ?
En Wallonie, les services d'aide aux familles et aux aînés (SAFA) emploient des aides familiales, des aides seniors et des gardes à domicile. La participation financière dépend des revenus et de la situation familiale, selon un barème wallon. Un assistant social du service évalue les besoins au domicile de la personne. Le CPAS (centre public d'action sociale) peut aussi proposer cette aide. Demandez au service le montant de votre participation et le délai avant le début de l'aide.
À Bruxelles, renseignez-vous auprès du CPAS de la commune ou de la mutualité de votre proche. En Flandre, les services et les démarches diffèrent : le CPAS et la mutualité indiquent à qui s'adresser. Les aides financières sont décrites sur la page coûts et aides.
Que couvrent les titres-services, et que ne couvrent-ils pas ?
En Wallonie, depuis le 1er juillet 2026, chacun des 175 premiers titres coûte 10,60 €. Les activités possibles sont le nettoyage, la lessive, le repassage, la préparation de repas, les courses ménagères et le transport de personnes à mobilité réduite.
Sont exclus les soins, la toilette et la garde de personnes âgées ou malades. Un titre-service ne remplace donc ni l'infirmier ni l'aide familiale.
Que prévoir pour les repas et la télévigilance ?
Les repas à domicile sont une mission facultative des CPAS, avec des prix fixés par chaque CPAS.
La télévigilance est un dispositif qui permet d'appeler du secours depuis le domicile. L'AViQ (Agence pour une vie de qualité, l'organisme wallon chargé de ces aides) conseille de se renseigner d'abord auprès de la commune ou du CPAS : ils peuvent avoir une convention avec un opérateur à moindre coût. Certaines mutualités interviennent aussi, par exemple :
- Solidaris Wallonie participe à l'abonnement chez un opérateur reconnu, jusqu'à 126 € par an pour les BIM ;
- Partenamut propose Phone-Assistance, joignable 24 h/24, avec 50 € de frais de placement.
Ces montants sont des exemples : interrogez votre mutualité. Le matériel est traité sur la page location de lit médicalisé et matériel à domicile.
Un centre de soins de jour peut-il servir de relais ?
En Wallonie, un centre d'accueil de jour est lié à une maison de repos et vise la vie en communauté. Un centre de soins de jour y ajoute une structure de soins pour les personnes en perte d'autonomie. Il faut avoir 60 ans au moins et vivre à domicile. La participation se paie par jour ou par demi-journée, repas compris, et l'on contacte directement le centre.
À Bruxelles, Iriscare reconnaît huit centres de soins de jour pour les personnes dépendantes de 60 ans et plus. Le financement de ces centres est régional (AViQ en Wallonie, Iriscare à Bruxelles) : l'INAMI n'en est pas le financeur. Ce type de centre peut compléter les passages de l'infirmier et de l'aide familiale.
Peut-on poursuivre certains traitements de l'hôpital à la maison ?
Oui, dans des cas limités. Depuis le 1er juillet 2023, l'INAMI permet l'hospitalisation à domicile pour l'antibiothérapie intraveineuse (antibiotiques donnés par perfusion) et certains traitements anticancéreux. Il n'y a pas de ticket modérateur sur les médicaments et prestations prévus. Un ticket peut subsister sur certains soins infirmiers ou sur du matériel.
Tous les hôpitaux ne proposent pas l'hospitalisation à domicile : posez la question au médecin de l'hôpital.
Qui contacter pour chaque besoin ?
| Besoin | Qui contacter | Ce qu'il faut |
|---|---|---|
| Soins infirmiers | Médecin traitant, mutualité, service social de l'hôpital, service de soins à domicile | Une prescription qui indique la nature, le nombre et la fréquence des soins |
| Kinésithérapie | Un kinésithérapeute qui se déplace | Savoir dans quelle liste (courante, Fa, Fb ou E) se trouve la pathologie |
| Aide familiale, aide senior, garde | SAFA en Wallonie, CPAS, mutualité (Bruxelles) | Une évaluation des besoins au domicile, puis le barème selon les revenus |
| Ménage, repassage, courses | Une entreprise de titres-services | Des titres-services, sans soins ni garde |
| Repas, télévigilance | CPAS, commune, mutualité | Le prix fixé par chaque CPAS, ou un abonnement |
| Matériel médical | Mutualité, service social de l'hôpital | Une commande avant la sortie |
| Journée encadrée | Le centre de soins de jour directement | Avoir 60 ans au moins et vivre à domicile |
Quels signes montrent que le retour à domicile ne tient pas ?
Un retour peut sembler réussi les premiers jours, puis se fragiliser. Signaux à surveiller : les repas ne sont pas préparés ou pas pris, la toilette n'est plus faite, les médicaments sont oubliés ou confondus, votre proche chute ou a peur de se lever, il paraît confus, ou l'infirmier et l'aide familiale vous alertent.
L'expression « syndrome de glissement » est employée couramment pour parler d'un proche qui décline après une hospitalisation. Si ce déclin vous inquiète, signalez-le sans attendre au médecin traitant, qui cherche la cause.
Les soignants qui passent peuvent aussi ajuster les soins et les aides. Si cela ne suffit pas, ou si le logement ne sera pas prêt à temps, un court séjour en maison de repos donne du temps. En Wallonie et à Bruxelles, il peut durer jusqu'à 3 mois ou 90 jours cumulés par année civile, à partir de 60 ans. Quand le retour chez soi paraît durablement impossible, la page quand un proche ne peut plus vivre seul décrit les étapes suivantes.
Senior Sérénité aide à trouver une maison de repos ou un court séjour, gratuitement et sans engagement. Voir l'annuaire des maisons de repos.
Questions fréquentes
Le service social de l'hôpital est-il payant ?
Au CHU UCLouvain Namur, par exemple, il est gratuit : posez la question dans l'hôpital de votre proche. Il est accessible à la demande du patient, de sa famille ou de l'équipe soignante. Il vaut mieux le contacter dès le début du séjour, car certaines démarches sont longues.
L'hôpital a-t-il l'obligation de garder mon proche tant que le retour n'est pas organisé ?
La loi du 22 août 2002 relative aux droits du patient ne contient rien sur la sortie ni sur le retour à domicile. Elle prévoit l'information sur le suivi, la concertation avec les proches à la demande du patient, et le droit de plainte auprès de la fonction de médiation, que chaque hôpital doit avoir. En pratique, le recours est le dialogue avec le médecin et le service social, puis le médiateur de l'hôpital.
Le kiné peut-il venir chez moi si mon proche séjourne chez moi quelques semaines ?
Oui. La kinésithérapie peut se faire au domicile légal du patient ou dans sa résidence provisoire. Le kinésithérapeute décide de la fréquence des séances et du lieu, sauf indication du médecin qui prescrit.
Tous les CPAS proposent-ils des repas à domicile ?
Non. Les repas à domicile sont une mission facultative des CPAS, et chaque CPAS fixe ses prix. Appelez le CPAS de la commune de votre proche pour savoir s'il propose le service et à quelles conditions.
Qui est BIM, et quel est l'avantage pour les soins à domicile ?
BIM signifie bénéficiaire de l'intervention majorée. Le statut est accordé automatiquement aux personnes qui perçoivent la GRAPA, le revenu d'intégration ou une allocation de handicap, et sinon selon les revenus. Pour les soins infirmiers à domicile, le ticket modérateur est nettement réduit pour un BIM. La mutualité peut dire si votre proche a ce statut.
Sources
- CHU UCLouvain Namur : brochure du service social
- Moniteur belge (Justel) : Loi du 22 août 2002 relative aux droits du patient
- JAMA : Hospitalization-associated disability in older adults
- INAMI : Échelle d'évaluation de Katz
- INAMI : Nomenclature, article 8 (soins infirmiers)
- INAMI : Tarifs des infirmiers
- INAMI : Tarifs des infirmiers en maison médicale
- INAMI : Intervention forfaitaire pour malades chroniques
- INAMI : Intervention majorée
- INAMI : Nomenclature, article 7 (kinésithérapie)
- INAMI : Remboursement de la kinésithérapie pour les pathologies des listes Fa et Fb
- INAMI : Pathologies lourdes (liste E) et remboursement plus élevé
- Wallonie.be : Bénéficier d'un service d'aide aux familles et aux aînés (SAFA)
- Titres-services Wallonie : Augmentation du prix au 1er juillet 2026
- Titres-services Wallonie : Les activités
- Wallonie (CRAC) : Catalogue de mesures, CPAS
- AViQ : Télévigilance
- Solidaris Wallonie : Télévigilance
- Partenamut : Phone-Assistance
- Wallonie.be : Faire appel à un centre d'accueil de jour ou à un centre de soins de jour
- Iriscare : Centres de soins de jour
- INAMI : Soins oncologiques ou antibiothérapie en hospitalisation à domicile
- Wallonie.be : Bénéficier d'un court séjour en maison de repos et de soins
- Iriscare : Courts séjours pour personnes âgées

